Comment animer une formation

Vous voilà face à vos apprenants. Ils sont à leur poste, leur support de formation à côté d’eux. Par quoi allez-vous commencer ? Comment allez-vous faire pour éveiller et maintenir leur attention ? Comment allez-vous organiser vos exercices pour qu’ils parviennent à intégrer les nouvelles notions que vous devez leur apprendre ? Ce sont ces différentes questions que nous allons aborder ici…

Méthodes pédagogiques

Il existe de très nombreuses méthodes pédagogiques et chacune d’elles est plus spécialement réservée à un type d’apprenant ou à une situation particulière. Voici celles le plus souvent utilisées en formation continue:
(Elles sont détaillées dans le livre « Créer, animer et vendre ses formations« )

Le cours magistral

C’est la méthode la plus connue : le formateur expose ses arguments, donne des exemples, fait sa démonstration. Les apprenants prennent des notes en silence. Les questions seront posées après l’exposé.
En plus de ressembler fortement à un cours scolaire, cette façon de procéder est difficile à utiliser longtemps sur des adultes dont l’esprit critique est nettement plus affuté que celui des enfants… quoique.

Je vous recommande de n’utiliser cette façon de procéder que si vous devez présenter de nombreuses notions théoriques obligatoires et si votre auditoire est composé de personnes ayant suivi un cursus scientifique. Essayez de limiter au maximum la durée d’exposé des notions théoriques et proposez plusieurs exercices d’applications afin de pouvoir vérifier si vos apprenants ont réussi à tout assimiler.

La méthode itérative

Elle consiste à procéder par petites étapes. Chaque étape présente une nouvelle notion et fait réaliser un ou plusieurs exercices applicatifs. Chaque étape doit reprendre une ou plusieurs des notions vues dans les étapes précédentes, de façon à provoquer leur mémorisation.

Cette méthode est très souvent utilisée lors de l’apprentissage d’un logiciel, par exemple : Le formateur présente une fonctionnalité. Les apprenants écoutent, puis essaient à leur tour depuis leur poste informatique. Le formateur propose un exercice et aide les apprenants à le réaliser. Il présente ensuite une nouvelle fonctionnalité (qui réutilise la précédente) et fait réaliser un nouvel exercice. Etc.

La mise en situation réelle

Pour utiliser cette méthode, le formateur doit chercher à reproduire les conditions d’utilisation réelles des fonctionnalités qu’il doit enseigner. Cela peut être par exemple apprendre les processus de sécurité à appliquer dans le cas d’un incendie dans une entreprise. Le formateur devra montrer aux apprenants comment utiliser un extincteur et ceux-ci devront chacun à leur tour manipuler l’appareil (c’est obligatoire pour ce type de formation).

Bien évidemment, cette méthode nécessite du matériel et des conditions bien spécifiques et ne peut être utilisée dans toutes les situations.

La mise en scène

Elle sera utilisée par exemple pour reproduire les phases d’un démarchage téléphonique. Le formateur ne va pas appeler de vrais clients pour effectuer sa prestation (ils risqueraient de ne pas apprécier…), mais va demander à l’un des apprenants de jouer le rôle du client, et à un autre de jouer le rôle du vendeur. L’intérêt de ce type de prestation est de laisser découvrir par les apprenants eux-mêmes les erreurs qu’ils commettent. Il sera nettement plus facile ensuite de les convaincre de changer leur façon de procéder.

Techniques d’expression

Un formateur ne s’adresse pas à des apprenants de la même manière qu’un professeur à ses élèves. Il ne peut pas non plus se comporter de la même manière en présence de cadres dirigeants ou d’ouvriers spécialisés. Le statut social n’a rien à voir là-dedans. Ce sont simplement les schémas de pensée qui sont différents d’un métier à l’autre et le formateur doit savoir s’adapter.

Distanciation

Même s’il est à la mode dans certaines entreprises de tutoyer son patron et ses collègues, je vous recommande de conserver une certaine distance vis à vis de vos apprenants. N’oubliez jamais que vous êtes avant tout un(e) prestataire qui est payé(e) pour venir leur apporter de nouvelles connaissances. Vous devez les respecter et ils doivent faire de même. La technique la plus simple consiste à s’adresser à chacun de vos apprenants par son prénom, tout en continuant à le vouvoyer.

Prenez donc le temps de noter le prénom de chacun dès le début de votre prestation (en faisant un petit croquis pour mémoriser leur position dans la salle), ce sera plus facile ensuite pour vous adresser à eux et aidera à « rompre la glace » dès le début de votre prestation.

Élocution

Entrainez-vous devant une glace, ou devant un parent ou ami, ou encore en vous enregistrant (un smartphone peut suffire). C’est le meilleur moyen de vous rendre compte de la qualité de votre élocution: avez-vous tendance à bafouiller ? Parlez-vous de manière distincte sans aller trop vite ? Faites-vous des phrases simples et correctement construites ? Avez-vous tendance à utiliser des mots d’argot ?

Ce sont tous ces défauts, souvent inconscients, qui vous sauteront à la figure lorsque vous visionnerez l’enregistrement de votre prestation. Le ton d’une voix est important pour convaincre (voyez les orateurs), mais aussi les mots utilisés. Tout ceci s’apprend, soit via une formation, soit par l’expérience acquise.

Quelques signes révélateurs pourront vous alerter, si vous observez les réactions de vos apprenants: ont-ils tendance à vous faire souvent répéter vos phrases ? Dans ce cas, vous parlez sans doute trop vite ou trop doucement. Voyez-vous certains commencer à s’endormir durant votre exposé ? Cela peut être le signe que votre ton est trop monocorde ou que vous parlez trop.